Eglise Saint-Philippe du Roule : des graffitis insolites découverts

de | 23 mai 2018

Des dessins, nichés dans la charpente de Saint-Philippe du Roule ont été découverts à l’occasion de la prochaine restauration de l’édifice, financée par la mairie de Paris, avec le soutien de mécènes. Bâtie à la fin du 18e siècle, l’église a connu de nombreuses rénovations tout au long du 19e siècle. « Il y a eu au moins cinq transformations majeures », détaille Ekatérina Stefanova, architecte à l’Agence Caillault ACMH, en charge de la restauration, dont notamment la création d’une chapelle par Victor Baltard en 1855 et celle d’un orgue monumental en 1861.

Portraits de femmes et d’hommes

Parmi ces ajouts, six baies ont été créées de 1883 à 1894. « Des caissons et des vitraux ont été installés pour redonner de la lumière naturelle à l’ensemble », explique Ekatérina Stefanova. C’est dans cette partie du bâtiment, concernée par la restauration actuelle, qu’ont été découverts une série de graffitis : une zone inaccessible au public, située dans l’impressionnante charpente en bois, elle aussi concernée par la rénovation.

Nous y découvrons des portraits de femmes et d’hommes, tracés sur des montants de bois : certains fument une cigarette ou la pipe, des personnages arborent un élégant chapeau… S’il est difficile de les dater très précisément, ils sont forcément postérieurs à la création des vitraux de 1894. Et pourraient être le témoignage des passages successifs des ouvriers qui ont travaillé sur l’édifice. « A part eux, qui a pu s’introduire ici? », s’interroge Ekatérina Stefanova, en observant ces croquis.

Les témoignages de restaurations successives

A chaque restauration, ses dessins. Plusieurs dates et inscriptions sont d’ailleurs explicites: « En souvenir des mémorables travaux de transformation de l’installation électrique, 1926-1927 », détaille l’une d’elles, accompagné de la signature des compagnons ayant œuvré sur le chantier.

D’autres esquisses sont plus énigmatiques, telles cette toile d’araignée ou encore une petite silhouette de femme qui fume. « On dirait une oeuvre à la Toulouse Lautrec », s’amuse Ekatérina Stefanova. Quel avenir pour ces graffiti insolites ? Les dessins ont déjà été tous photographiés pour conserver un témoignage visuel. Certains pourraient éventuellement être déposés.

Une restauration exceptionnelle

En septembre prochain, Saint-Philippe-du-Roule entame une restauration d’ampleur : 8 millions d’euros sont ainsi consacrés à ce chantier d’envergure qui doit s’achever à la fin 2022.

Pour en savoir plus c’est ici.

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