l’article du Parisien : Jeanne d’Hauteserre, une maire dans la tempête

de | 12 février 2016

Paris : Jeanne d’Hauteserre, une maire dans la tempête

Christine Henry | | MAJ :

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 Jeanne d’Hauteserre, maire du VIIIe, est accusée par une partie de sa majorité de ne pas bien gérer son arrondissement.
Jeanne d’Hauteserre, maire du VIIIe, est accusée par une partie de sa majorité de ne pas bien gérer son arrondissement. (LP/A.A.)

C’est crise à la mairie du très huppé VIIIe arrondissement. Voilà des mois que les tensions municipales se multiplient au sein de la majorité et la situation est aujourd’hui au bord de l’explosion (voir notre édition de ce jeudi).

Une partie de l’équipe municipale et des conseillers de Paris reprochent à la maire (LR) Jeanne d’Hauteserre, nouvellement élue, ses insuffisances dans la gestion des affaires courantes, un exercice « solitaire et autoritaire » du pouvoir et sa proximité avec les socialistes.

Corine Barlis, seule opposante PS témoigne : « une conseillère a rendu sa délégation, une autre s’est vue retirer la sienne. L’ambiance est délétère. Au dernier conseil, Pierre Lellouche (député LR) a demandé des comptes à la maire. Cette équipe est incapable de travailler ensemble. Les habitants sont mécontents. Cette situation ne peut plus durer ». « Notre souhait était de calmer les choses mais les récriminations des habitants sont de plus plus fortes », fait observer le député Pierre Lellouche en rappelant les derniers épisodes en date, notamment le feu vert donné par la maire, sans concertation de son équipe et des habitants, à l’installation d’antennes relais et à l’ouverture du parc Monceau la nuit dès l’arrivée dès premiers beaux jours. Deux décisions qui ont provoqué un véritable tollé dans les quartiers concernés.

Pendant des mois Jean-François Legaret, le vice-président du groupe au Conseil de Paris missionné par la fédération des Républicains, a tenté de réinstaurer le dialogue au sein de l’équipe municipale. En vain.

Jeanne d’Hauteserre balaie les critiques d’un revers de main et est bien décidée à résister à la tempête qui agite son camp. « J’ai fait avancer les projets dans mon arrondissement sans pour autant copiner avec les élus socialistes. Le groupe me reproche d’être indisciplinée et d’avoir voté pour la tour triangle. Je n’étais pas la seule à avoir fait ce choix, assène la maire. Quant à Pierre Lellouche, il continue d’intriguer pour me dézinguer. Mais je ne démissionnerai pas. La bande qui a eu la peau de Martine Mérigot (NDLR : l’ex tête de liste LR aux dernières municipales victime d’un burn-out peu avant le premier tour) n’aura pas la mienne. » Pierre Lellouche, que certains verraient bien assis dans le fauteuil de Jeanne d’Hauteserre, se défend de vouloir la place : « si j’avais voulu la tête de liste, je l’aurai obtenu. Je souhaite exercer mon mandat de député à 100 % et trouver une issue à la crise que traverse la mairie du VIIIe ».

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