Le budget 2018 de la Ville de Paris adopté

de | 12 décembre 2017

Le budget a été adopté lors de la séance du lundi 11 décembre 2017.

En le présentant Anne Hidalgo a indiqué que ce  budget 2018 témoigne à nouveau de sa détermination à tenir les engagements pris devant les Parisiens en 2014, malgré la contrainte financière renforcée qui pèse sur les finances locales.
Elle a également indiqué qu’avec son exécutif, à travers ce budget, ils renforcent leur action pour, d’un même mouvement, améliorer la qualité de vie des habitants et relever les grands défis auxquels est confrontée Paris. C’est en améliorant le service public et en investissant massivement dans l’avenir que se contruit la ville d’aujourd’hui et de demain – une ville plus inclusive, attractive et durable.
Le premier engagement de la Maire de Paris est de ne pas augmenter les impôts des Parisiens. Comme c’est le cas depuis 2014, les taux des impôts directs resteront stables en 2018 – deux fois inférieurs à la moyenne nationale.
Anne Hidalgo a également rappelé tenir fermement à cet engagement qui prend en compte le poids du coût du logement dans le budget des ménages parisiens.
Son second choix politique, fort et constant, et à rebours des évolutions constatées au niveau national, est celui de maintenir un important effort d’investissement – 1,7 Md€ de crédits de paiement en 2018 – ce qui a des effets importants sur l’activité et la capacité de résilience de la collectivité parisienne.
Améliorer le quotidien des Parisiens, en particulier de toutes ces classes moyennes qui forment la majorité de la société parisienne et s’accrochent à Paris, c’est d’abord leur permettre de se loger à Paris.
‪Autre point important de ce budget, la poursuite d’une politique de logement ambitieuse afin de permettre une réelle mixité sociale – et ceci malgré les ponctions opérées par le Gouvernement sur les bailleurs sociaux. ‪La Ville de Paris continuera d’agir avec détermination pour permettre aux familles de la classe moyenne de pouvoir se loger à Paris.
Le développement de l’offre passera également par la transformation de bureaux ainsi que de chambres de bonnes en logements. L’exécutif parisien poursuivra par ailleurs sa politique de préemptions d’immeubles et d’acquisition auprès de grands opérateurs publics, comme  à l’Ilot Saint Germain dans le 7e arrondissement, où des locaux du ministère de la Défense vont être transformés en 250 logements sociaux, en équipements sportifs et en crèche.
Parallèlement et pour enrayer le phénomène de prolifération non maîtrisée des meublés touristiques, dans le contexte d’un marché excessivement tendu,  la Ville a aussi proposé au Gouvernement plusieurs outils fiscaux – notamment une taxe de mobilisation des logements sous-occupés.
Construire une ville plus inclusive, c’est aussi développer une action renforcée dans les quartiers prioritaires – avec 25% du PIM, soit près de 2 Md€, qui leur est dédié.
Certains secteurs spécifiques bénéficieront de l’ambitieux Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain.
D’autres opérations urbaines très localisées vont contribuer à transformer certains quartiers – notamment le renouvellement du square Salamandre dans le 20ème ou la requalification du passage Goutte d’or dans le 18ème.
Construire une ville plus inclusive, c’est aussi prendre soin des plus vulnérables. C’est ainsi que la mise en œuvre du Pacte de lutte contre la grande exclusion comme du plan de mobilisation pour l’accueil des réfugiés se poursuivra.
Parce que les familles et les enfants sont notre avenir, ils sont notre priorité – ici et maintenant. C’est le sens en 2018 de l’effort de 200M€ qui permettra l’ouverture de 1120 nouvelles places de crèche, du déploiement de nouvelles ludothèques dans l’espace public, ou encore de l’attention particulière portée aux enfants les plus fragiles avec en particulier la création d’un lieu d’accueil enfant-parent itinérant et de deux nouvelles structures innovantes dédiées à l’autisme.
Bien grandir à Paris, mais aussi bien y vieillir. La Ville continuera à aider les près de 250 000 bénéficiaires des dispositifs municipaux en déployant les Maisons des Ainés et des Aidants et en mettant en œuvre la Stratégie parisienne Handicap, inclusion et accessibilité universelle.
Seront ainsi créées d’ici la fin du mandat, 376 places en établissements et 270 places de services médico-sociaux. 14,5 M€ sont eux dédiés en 2018 au plan de mise en accessibilité de l’ensemble des équipements publics.
Pour améliorer l’accès aux soins, la ville poursuit son action en matière de modernisation et d’ouverture au public de ses établissements de santé. L’année 2018 verra ainsi le lancement de travaux des centres des rues de l’Épée de bois et de Volta, le déploiement de 1000 défibrillateurs sur la voie publique ou encore la montée en puissance du dispositif Paris Med de soutien à l’installation de professionnels de santé.
Parce que vivre mieux, c’est respirer mieux, la Maire de Paris se donnera les moyens dès 2018 de mettre en œuvre le Plan climat, qui, à hauteur de 400M€,  permettra de faire de Paris une ville neutre en carbone et utilisant 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050. Pour atteindre cet objectif la Ville utilisera bien-sûr le levier des transports.
Les près de 190 millions d’investissement qui leur seront consacré permettront de poursuivre l’extension et l’amélioration du réseau de transports collectifs, avec notamment le tramway T3, les lignes 11 et 14 du métro, et le bus Mobilien. L’exécutif parisien continuera également à pousser son avantage dans le domaine des circulations douces avec toujours davantage de pistes cyclables, de stationnements pour les vélos et de zones 30.
C’est donc très concrètement que la Ville luttera contre la pollution de l’air et qu’elle s’adaptera à l’élévation des températures.  Avec la rénovation de 4500 logements par an, le contrat de performance énergétique des écoles, ou encore l’ouverture de 30 hectares d’espaces verts supplémentaires, la Maire de Paris continuera à faire du combat contre le changement climatique un combat pour la qualité de vie.
Améliorer la qualité de vie des Parisiens, c’est aussi leur permettre de vivre dans une ville propre et apaisée. En consacrant 500M€ par an à la propreté et grâce à la mobilisation des 5000 éboueurs, Paris se donne les moyens de relever ce défi majeur – mais de le relever, ce qui est nouveau, avec les Parisiens eux-mêmes.
C’est dans cet esprit qu’ont été lancé 7 conférences de citoyens dans les arrondissements au cours des derniers mois. La conduite et la restitution de leurs travaux sont venues bousculer les analyses et vivifier les réflexions. Au terme de cette expérience très enrichissante, il apparaît clairement que si la propreté est le problème de tous, la politique parisienne doit faire place à la solution de chacun. Ce sera le cas dès le mois de février où les résultats des conférences de citoyens seront présentés et débattus en Conseil de Paris.
C’est donc en faisant place aux solutions des Parisiens que la Ville accentuera ses efforts. En 2018 un nouveau marché d’appui de nettoiement permettra de renforcer l’entretien des espaces occupés par des personnes à la rue, le nettoiement des marchés à la sauvette et l’enlèvement des dépôts sauvages.
Toutes ces actions pourront par ailleurs s’appuyer sur des moyens humains renforcés dans la lutte contre les incivilités – qui est une préoccupation majeure des Parisiens et un enjeu essentiel du vivre-ensemble.
Ainsi, la nouvelle Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection, devenue pleinement opérationnelle, développera son action au plus près des réalités de chaque arrondissement. L’accueil d’environ 1 900 agents de la Préfecture de police dans le cadre des transferts de compétences permettra de renforcer ces missions.
Parce que bien vivre à Paris, c’est pouvoir y grandir et s’y construire, nous consacrerons en 2018 des moyens renouvelés en direction de la jeunesse – près de 2 Md€ d’ici 2020.
Cette politique s’articule autour des écoles qui sont chacune au cœur de leur quartier et au cœur du quotidien des Parisiens. A chaque école construite, c’est un pan d’avenir qui s’ouvre, c’est une parcelle de la ville qui prend vie. C’est ce que la Maire de Paris attend de la création de deux écoles à Clichy-Batignolles, d’une école polyvalente à Chapelle International, d’un établissement de douze classes rue Championnet dans le 18ème  , ou encore d’un établissement de huit classes à Paris Rive Gauche.
D’autres établissements font l’objet de reconstruction ou de rénovations importantes, comme l’école maternelle Erlanger dans le 16ème arrondissement, le groupe scolaire Saint-Merri dans le 4ème arrondissement, l’école élémentaire avenue Gambetta dans le 20ème arrondissement, l’école maternelle rue Fessart dans le 19ème arrondissement, le groupe scolaire Küss dans le 13ème arrondissement ou encore l’école maternelle rue de Picpus dans le 12ème arrondissement.
En se concentrant sur les établissements qui rencontrent le plus de difficultés, la Ville poursuit  l’opération « tous mobilisés » en partenariat avec le rectorat de Paris. 14 établissements scolaires verront l’ensemble des acteurs concernés se réunir pour lever les difficultés les unes après les autres et inverser la tendance.
Au groupe scolaire Lamoricière dans le douzième arrondissement, au collège Méliès dans le dix-neuvième arrondissement, ou au collège Pierre Mendes France dans le vingtième arrondissement, l’école cessera d’être le problème pour devenir la solution.
S’agissant des bâtiments universitaires, nous livrerons le campus Charles V dans le 4ème arrondissement et le bâtiment  Méary dans le 10ème arrondissement, avec le même souci de faire de multiplier les lieux de transmission et de partage.
Bien vivre à Paris, c’est également accéder librement à la culture et au sport, qui doivent pouvoir se déployer toujours davantage dans l’espace public et à destination du plus grand nombre. C’est le sens de l’ouverture de nouveaux équipements de proximité, comme la bibliothèque Davout Lagny ou des gymnases Tolbiac – Chevaleret et Batignolles.
En cette première année de préparation de l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, les championnats d’Europe de Handball féminin et les Gay Games Paris 2018 seront des temps de mobilisation populaire qui compléteront l’action municipale en faveur du développement de la pratique sportive.
Enfin, en 2018, l’exécutif parisien travaillera à renforcer l’attractivité locale et globale de Paris, Ville monde. Il soutiendra le très riche écosystème de l’innovation en permettant en particulier à tous les collégiens, lycéens et étudiants de se former au codage.
La création au cœur de Paris, aux Halles, d’une école du codage et de la création numérique s’intègre dans ce grand effort de démocratisation de l’excellence numérique auquel concourent déjà les dispositifs Paris Code et Paris, cité des makers.
Ce dynamisme nourrira celui des petits commerces et des artisans de proximité qui sont très souvent des inventeurs au quotidien et des inventeurs du quotidien.
Ce budget 2018 est résolument tourné vers les Parisiens pour lesquels l’exécutif parisien met en œuvre ses priorités de mandature.
Malgré les incertitudes entourant encore les intentions du Gouvernement, les contraintes qu’il devrait imposer aux collectivités en dépenses et la croissance continue de notre contribution à la péréquation viennent à nouveau limiter les ressources de la collectivité parisienne en fonctionnement.
Paris a déjà perdu 1,2Md€ de ressources depuis 2010 sous le double effet de la baisse des dotations et de la hausse de la péréquation. Ce double mouvement s’ajoute aux dépenses incompressibles liées à notre statut de ville-capitale et de ville-monde, qui s’accompagne de charges centralisées.
Ce sont ainsi plus de 700 M€ annuels qui sont consacrés aux missions bénéficiant non principalement aux Parisiens.
La stratégie budgétaire parisienne constante permet de faire face à cette contrainte financière renforcée. Celle-ci repose tout d’abord sur une démarche de sobriété des dépenses de fonctionnement et d’investissement.
Cette stratégie permet de limiter l’évolution des dépenses de fonctionnement à 1% (hors péréquation) grâce à un travail fin d’évaluation des politiques publiques. La Ville s’attache notamment  à identifier les économies les plus pertinentes, qui ne remettent pas en cause les services publics offerts aux Parisiens.
Dans un contexte de contraintes renforcées, cette maîtrise de l’évolution des dispositifs existants permet au contraire de développer de nouveaux services pour les Parisiens. La maîtrise des charges à caractère général comme la progression contenue de la masse salariale à 1,1% contribuent à ce mouvement tout en permettant de  réaffirmer les priorités de mandature (aide sociale à l’enfance, propreté…).
Cette stratégie de maîtrise des dépenses de fonctionnement associée à une forte mobilisation des recettes de fonctionnement permet à la collectivité d’assurer cette année encore un niveau élevé d’épargne brute, à hauteur de 545 M€.
La valorisation du patrimoine permet en outre d’inscrire 620M€ de recettes d’investissement, permettant d’autofinancer plus de 69 % des dépenses d’investissement de 1,7Md€.
Cette gestion sérieuse permet à nouveau en 2018, de limiter le recours à l’endettement et de conserver un taux d’endettement bien inférieur à la moyenne des grandes métropoles.
Au cours de son intervention Anne Hidalgo a rappelé que dans un monde en mutation, prendre soin du présent, c’est déjà préparer l’avenir. Inversement, relever les défis de demain, c’est aussi améliorer concrètement les conditions d’existence des Parisiens, ici et maintenant. Sacrifier l’un à l’autre serait irresponsable, néfaste pour Paris comme pour les Parisiens. Ce sont ces convictions qui ont présidé à l’élaboration de ce budget.
Pour en savoir plus sur ce budget 2018, notamment découvrir les infographies avec les chiffres précis c’est ici. 

 

 

 

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